
Par Paul Maurice, membre du comité de direction, administrateur, Fédération de l’agriculture de l’Ontario
La sécurité à la ferme, ce n’est pas juste suivre une série de règles et de règlements. Elle concerne aussi les personnes. Elle vise à protéger nos familles, nos employés et nos voisins lorsque nous exerçons le métier qui nous passionne. Et comme nous vivons au même endroit que nous travaillons, la sécurité devient une priorité de tout instant.
Pour bien des agriculteurs, la période des récoltes bat encore son plein. C’est l’un des moments les plus éprouvants de l’année, marqué par une course contre la montre – et la météo – pour récolter les cultures avant que l’hiver s’installe.
Si les accidents peuvent survenir en une fraction de seconde, beaucoup d’entre eux peuvent être évités grâce à la sensibilisation et à la prévention. Veiller à la sécurité à la ferme, c’est aussi savoir prendre les mesures nécessaires pour prévenir les accidents et les blessures pendant les périodes de pointe à la plantation et aux récoltes, mais aussi chaque jour lorsque nous travaillons avec de l’équipement ou du bétail.
Pour ce faire, vous devez vous assurer de maintenir l’équipement en bon état et de le mettre à niveau périodiquement, de vous arrêter quand la fatigue ou l’épuisement s’installe et d’éviter les raccourcis lorsque le temps presse. Éteignez toujours une machine avant d’effectuer un réglage ou de dégager un blocage. Lorsque vous travaillez, gardez les dispositifs de sécurité en place et ne laissez pas les enfants s’approcher des zones de travail ou de la machinerie.
Ayez une trousse de premiers secours et les numéros d’urgence à proximité, et emportez un téléphone cellulaire bien chargé lorsque vous quittez la maison pour la journée. Quand les bris d’équipement ou les longues heures commencent à affecter votre humeur, respirez, prenez du recul et réévaluez la situation avant de continuer.
Ma femme, mon fils et moi exploitons une ferme à l’ouest de Penetanguishene, où nous élevons des poulets à griller et produisons du foin et des grandes cultures. Après toutes ces années, j’ai compris que les dangers ne sont pas toujours apparents.
Il y a plusieurs années, j’ai moi-même évité de justesse une intoxication aux gaz d’ensilage, qui se forment dans le silo par la fermentation naturelle du foin ou du maïs coupé. Le gaz m’a envahi très rapidement. Par chance, j’ai survécu, mais mes poumons ne s’en sont jamais remis complètement.
Voilà un rappel que certains des dangers les plus graves à la ferme sont furtifs. Avant d’entrer dans un espace clos, assurez-vous qu’il est bien ventilé et qu’un système auxiliaire est en place.
Les remorques à grains et les réservoirs de stockage présentent aussi des risques, puisqu’il est facile de s’enliser. L’effet est comparable à des sables mouvants, et sans aide immédiate, vous risquez la suffocation. Par l’entremise de son fonds Revive, la Fédération de l’agriculture de l’Ontario (FAO) offre de la formation en sauvetage en milieu agricole aux premiers intervenants, leur permettant ainsi d’intervenir en toute sécurité lors de situations d’urgence sur une exploitation agricole.
La sécurité des enfants à la ferme est une autre priorité absolue. Ils apprennent le métier en observant et veulent participer, ce qui est formidable. Toutefois, cet enthousiasme doit être encadré. Les enfants doivent apprendre à rester à l’écart des machines en marche, à porter de l’équipement de protection, comme des bottes et des lunettes, et à ne jamais jouer près des cellules à grain, des remorques ou des machines. Le bétail peut également être imprévisible : une vache ou une brebis protectrice qui perçoit une menace pour ses petits peut réagir brusquement.
La sécurité routière est tout aussi importante, particulièrement à cette période de l’année où les agriculteurs se déplacent fréquemment entre les champs, les fermes et d’autres lieux pour récolter les cultures et les acheminer vers des marchés, des installations de transformation ou des entrepôts. La FAO s’est d’ailleurs engagée dans des projets de sensibilisation à la sécurité routière et aux véhicules lents partout en Ontario.
Nous continuons de souligner l’importance de faire preuve de prudence, de courtoisie et de vigilance en circulant sur la route avec de l’équipement. Avant de prendre votre véhicule, surtout lors des journées sombres, pluvieuses et brumeuses de l’automne, vérifiez les phares, les panneaux de véhicule lent et les bandes réfléchissantes.
Le respect mutuel entre les agriculteurs et les automobilistes contribue certainement à prévenir les accidents sur la route. La patience est essentielle pour les automobilistes : l’équipement agricole roule plus lentement que la circulation normale. Ne dépassez que lorsque c’est sécuritaire et portez une attention aux clignotants et aux panneaux de véhicule lent.
Enfin, n’oublions pas la santé mentale. L’agriculture apporte son lot de stress. Entre les conditions météorologiques, l’imprévisibilité des marchés, les bris d’équipement, les longues journées et les pressions financières, le travail peut finir par peser lourd. L’Initiative pour le bien-être des agriculteurs-trices offre du soutien gratuit et confidentiel 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, au 1‑866‑267‑6255. Prendre soin de sa santé mentale, c’est tout aussi important que d’entretenir son équipement.
La sécurité à la ferme est l’affaire de tous. Elle commence par la sensibilisation et la prévention, et consiste à reconnaître les risques, qu’ils soient visibles ou non.
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Tyler Brooks
Directeur des communications et des relations avec les intervenants
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