Par Sam McDonell, membre du conseil d’administration de la FAO
L’agriculture figure parmi les principaux secteurs de l’Ontario. Elle stimule des économies locales, soutient des emplois et assure la subsistance de collectivités entières. Pourtant, la plupart des personnes qui travaillent à l’extérieur du secteur sous‑estiment encore son ampleur et son importance réelles.
Beaucoup imaginent encore l’agriculture comme celle qu’elle était il y a une ou deux générations : des granges et quelques cultures. En réalité, il s’agit aujourd’hui d’un secteur moderne, complexe et hautement intégré qui touche autant la production alimentaire que la fabrication, le transport et les exportations partout en Ontario.
Aux différents paliers de gouvernement, cette méconnaissance peut faire en sorte que des décisions politiques importantes sont prises sans tenir pleinement compte des répercussions sur les fermes et les entreprises agricoles.
Ma famille et moi exploitons une ferme dans le comté de Glengarry, situé entre Cornwall et la frontière québécoise, où nous produisons du maïs, du blé et du soya. Nos liens avec la communauté sont profonds, puisque notre famille y cultive la terre depuis de nombreuses générations et la ferme a été fondée en 1941.
Avant d’intégrer l’entreprise familiale à temps plein, j’ai occupé d’autres postes dans le secteur agricole. Cette combinaison d’expérience sur la ferme et ailleurs dans le secteur m’a permis d’approfondir ma compréhension des réalités que vivent les agriculteurs.
Comme plusieurs membres de ma famille avant moi, je siège aussi comme conseiller municipal. J’ai été élu pour la première fois en 2018 et je compte me présenter de nouveau cet automne pour un troisième mandat. Dans le cadre de mes fonctions, j’ai constaté de près un écart grandissant entre les décideurs municipaux et le secteur agricole, un écart qui a des conséquences importantes.
Dans notre région, certaines politiques ont été adoptées sans ou presque sans aucune consultation des agriculteurs. Qu’il soit question d’aménagement du territoire, de planification des infrastructures ou même de politiques aussi pointues que la plantation d’arbres en bordure de route, le dénominateur commun reste un manque de communication. Ces situations ne résultent pas de mauvaises intentions; elles surviennent lorsque des voix essentielles sont absentes des discussions ou lorsque l’incidence des décisions sur le secteur n’est pas pleinement comprise.
Mon expérience au conseil municipal a façonné ma vision du rôle de l’agriculture dans nos collectivités et m’a incité à défendre plus activement le secteur.
J’ai récemment été élu comme administrateur provincial au conseil d’administration de la Fédération de l’agriculture de l’Ontario (FAO), où je représente les agriculteurs de Stormont, Glengarry, Prescott et Russell.
Mon engagement auprès de ma fédération locale a commencé il y a quelques années, et ce qui n’était au départ qu’un simple intérêt s’est rapidement transformé en un engagement beaucoup plus profond. Au fil du temps, j’ai été appelé à occuper le poste de vice-président de la Fédération de l’agriculture de Glengarry et à représenter notre région comme délégué à l’assemblée générale annuelle de la FAO. Lorsque la possibilité de devenir administrateur provincial s’est présentée, plusieurs personnes m’ont encouragé à poser ma candidature, particulièrement en raison de mon expérience au sein du conseil municipal.
Pendant longtemps, plusieurs d’entre nous ont tenu pour acquis que le point de vue du secteur agricole était compris et pris en compte dans les décisions locales. Ce n’est plus le cas. À mesure que les conseils se renouvellent et que moins de membres proviennent du milieu agricole, il nous revient de veiller à ce que notre point de vue soit entendu.
Voilà pourquoi il est essentiel que les agriculteurs s’impliquent, non seulement par l’entremise d’organisations comme la FAO, mais aussi en participant directement à la vie municipale et en entretenant des liens continus avec les conseillers et le personnel.
Cette implication peut également passer par la présence aux réunions, la participation aux consultations, l’établissement de relations constructives et la volonté de prendre le temps d’expliquer les réalités de l’agriculture moderne. Ces échanges sont importants, car ils permettent de nous assurer que les décisions reposent sur une compréhension concrète du secteur agricole.
La même logique s’applique aux paliers provincial et fédéral. Les décisions gouvernementales orientent tant les politiques agricoles que les investissements en infrastructures, l’aménagement du territoire et le développement économique. Lorsque l’agriculture n’est pas intégrée à ces discussions dès le début, elle risque de devenir une préoccupation secondaire.
Bref, la prospérité de notre secteur repose sur des relations solides au sein de nos collectivités, avec nos gouvernements et avec la population. En restant engagés et en travaillant ensemble, nous pouvons veiller à ce que l’agriculture demeure comprise, valorisée et soutenue pour les générations à venir.
Pour plus d’information, contactez:
Tyler Brooks
Directeur des communications et des relations avec les intervenants
Fédération de l’agriculture de l’Ontario
519-821-8883
[email protected]